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L'épilepsie en questions/réponses

Quels sont les signes observés au cours des crises épileptiques et à quoi correspondent-ils ?

Les crises d’épilepsie surviennent de façon inopinée, et durent peu, pas plus de 2 ou 3 minutes. On distingue deux types de crises, selon le point de départ de la décharge : dans les crises généralisées, la décharge intéresse d’emblée l’ensemble du cerveau, alors que dans les crises dites « partielles », la décharge prend son origine dans une région limitée du cerveau. Elle peut également être, au départ, localisée, puis, se propager à l’ensemble du cerveau (on parle de crises partielles secondairement généralisées).

Les principales crises généralisées sont :

1 - Les crises tonico-cloniques dites aussi crises « convulsives » ou, autrefois, crises Grand-Mal (terme désuet), sont les plus fréquentes. La crise débute sans signe annonciateur, avec une perte de connaissance d’emblée, souvent accompagnée d’un cri et d’une chute ; suit une phase de raidissement (contraction musculaire tonique) de 10 à 20 secondes, avec une extension importante du corps, une crispation des mâchoires et une suspension de la respiration, suivi d’une phase de secousses (« clonies ») durant 30 secondes à 2 minutes, avec des mouvements saccadés des quatre membres se ralentissant progressivement et diminuant d’amplitude, accompagné d’une sécrétion de salive, et une cyanose des lèvres : une morsure de la langue peut survenir. Ensuite il y a une reprise bruyante de la respiration (dite stertoreuse) suivie de la phase résolutive avec un relâchement musculaire et des sphincters (une urination est possible si la vessie est pleine), et une confusion pendant plusieurs minutes. Pendant la phase de confusion, la personne peut s’agiter et interagir de manière inappropriée avec l’entourage. Après la crise, la personne n’a aucun souvenir de l’événement, est fatiguée et a sommeil. Elle se plaint souvent de douleurs, maux de tête, douleur de la langue, courbatures musculaires, ou liées à la chute.
2 - Les absences comportent une brève rupture de la conscience, durant quelques secondes, avec éventuellement des secousses des paupières, des épaules, une chute de la tête.
3 - Les crises myocloniques se caractérisent par des secousses musculaires plus ou moins rythmiques, plus ou moins bilatérales, en pleine conscience.
4 – il existe des crises généralisées plus rares, qui surviennent dans certains syndromes épileptiques de l’enfant, comme les spasmes en flexion du syndrome de West, ou bien les crises dites atoniques, toniques, absences myocloniques ou absences atoniques survenant dans le syndrome de Lennox-Gastaut.

Les crises partielles ont une sémiologie très variable, selon les zones cérébrales touchées par la décharge et sa propagation éventuelle. La personne peut sentir les premiers signes, puis rester consciente pendant la crise (on parle de « crise partielle simple ») ou au contraire perdre le contact avec son environnement (elle n’entend plus, ne voit plus, ne réagit plus) soit dès le début, soit au cours de la crise (on parle alors de « crise partielle complexe »). Les symptômes des crises partielles sont très variables, mais ce sont habituellement toujours à peu près les mêmes pour une même personne. Il peut s’agir d’hallucinations (par exemple des visions colorées, des odeurs, des sons…), d’une modification du comportement, d’une impression de familiarité (déjà-vu ou déjà-vécu), de troubles du langage ou de la vue, de sensations bizarres, voire de douleurs ou de mouvements involontaires. Parfois les crises sont suivies d’une paralysie ou de troubles du langage transitoires.