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L'épilepsie en questions/réponses

Quel est le pronostic de l’épilepsie ?

Il est loin d’être univoque. Un certain nombre de facteurs pronostiques ont été dégagés, qui comprennent un âge de début précoce de la maladie, le type de syndrome et l’étiologie (Semah, 1998), le nombre de crises survenues avant la mise en route du traitement, la réponse au premier traitement. Une éventuelle prédisposition génétique est l’objet de nombreuses recherches (pharmacogénétique). Sont à l’étude des caractéristiques génétiques liées à un métabolisme favorable des anticonvulsivants, ou à une meilleure pharmacosensibilité. Les résultats sont pour l’instant discordants.
De façon générale, on admet que plus de 70% des patients sont stabilisés par le traitement, plus de la moitié d’entre eux pouvant ensuite arrêter ce traitement sans rechute. Seuls 20 à 30% des cas garderaient une
épilepsie pharmacorésistante. Mais ces chiffres recouvrent des situations différentes : à un bout du spectre, les épilepsies bénignes (épilepsie à paroxysmes rolandiques par exemple) guérissent spontanément, avec ou sans traitement. Puis les épilepsies pharmacosensibles, souvent à bilan paraclinique normal, sont facilement contrôlées par une monothérapie, et l’arrêt du traitement n’entraine de rechute que dans 15% des cas (Lossius, 2008). Plus génantes, d’autres épilepsies pharmacosensibles comme les épilepsies juvéniles myocloniques voient les crises revenir à toute tentative de sevrage. Enfin, même parmi les épilepsies pharmacorésistantes, l’évolution est variable, certains patients par exemple alternant les périodes sans crise et les périodes avec, d’autres finissant par être stabilisés après de nombreuses années de résistance.
Il existe une surmortalité liée à l’épilepsie, en partie due aux maladies causales (AVC et tumeurs), mais pas seulement. Les accidents (chutes, noyades, accidents de la voie publique) et les suicides sont plus fréquents que dans la population générale, de même que les morts subites. Ces SUDEP (pour mort subite inexpliquée de l’épileptique) sont plus fréquentes dans les épilepsies pharmacorésistantes, en particulier avec crises nocturnes et mauvaise observance. Le mécanisme pourrait faire intervenir soit des apnées centrales soit des troubles du rythme cardiaque.