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Ligue Française contre l'Epilepsie - LFCE


La Ligue Française contre l'Epilepsie

est le chapitre français de International Ligue Against Epilepsy (ILAE). Elle est ouverte à tous les professionnels (médecins, professions paramédicales et sociales), qui ont choisi de consacrer leur savoir et leur énergie au service des patients épileptiques.
















              

Valproate, femmes en âge de procréer, grossesses...





Depuis le premier Janvier 2016, la prescription de Valproate (VPA) chez les femmes en âge de procréer ou qui pourront l’être nécessite la signature conjointe du médecin et de la patiente d’un formulaire d’accord de soins. Ce formulaire doit être renouvelé une fois par an par un spécialiste (neurologue, pédiatre, psychiatre). Le médecin traitant peut renouveler durant l’année, puis la patiente doit revoir le spécialiste.

Théoriquement le pharmacien ne doit délivrer du VPA (sous toutes ses formes et toutes ses présentations) aux femmes non ménopausées que sur présentation de ce formulaire d’accord de soins.

Apparemment le message est bien passé auprès des neurologues, les neuropédiatres , un peu moins bien chez les psychiatres et de façon beaucoup plus aléatoire chez les généralistes et …..les pharmaciens.

Une telle mesure a le mérite de transmettre l’information concernant les risques d’une grossesse sous VPA pour l’enfant à venir…
 
Rappelons que les premiers cas de malformations (spina-bifida) ont été rapportés en 1982, que la preuve de l’imputabilité au médicament  a nécessité plus de 25 ans pour des recommandations par l’AAN en 2009 d’éviter le VPA chez les femmes enceintes ou susceptibles de le devenir.

Concernant les cas de retard mental (QI verbal puis QI total) ont été signalés vers 2000, prouvés vers 2004 et que les recommandations de l’AAN datent aussi de 2009

Enfin que les premiers cas de troubles autistiques sont rapportés vers 2000, et définitivement imputables au VPA en 2013.

Cela a débouché sur des recommandations de l’agence européenne de médecine en 2014 et les mesures de l’ANSM en 2015.
 
Quelques ambiguïtés persistent toutefois…

A quel âge est-on une patiente qui va être en âge de procréer ? Toute petite fille sera a priori un jour en âge de procréer…

Actuellement c’est la patiente ou son représentant légal qui doit signer le formulaire…or les filles en institution viennent parfois sans être accompagnées de ce représentant légal…

 Jusqu’où pousser les essais thérapeutiques pour répondre à « la patiente présente une réponse insuffisante ou une intolérance aux autres traitements et que le VPA est la seule option thérapeutique »… essayer toutes les autres spécialités en monothérapie et association peut prendre plus de 20 ans…

Que faire chez une femme qui a eu un (ou des) enfant alors qu’elle était traitée par VPA qui découvre que si son enfant a des difficultés en classe qu’il a besoin d’orthophoniste, d’ergothérapie, … c’est la faute du traitement qu’elle prenait ?

Que faire si seul le VPA est efficace (épilepsies génétiques…) doit on courir le risque d’accidents liés à une récidive de crise ?
 
Les réponses à ces questions devraient nous être données par l’ANSM dans les semaines qui viennent.

Pour l’instant si vous apprenez qu’un enfant va naître ou est né d’une femme qui prend du VPA je crois qu’il faut dès le début prendre les devants et le faire suivre le plus tôt possible ; il en est de même de ces enfants en difficultés plus tard. Plus la prise en charge sera précoce, moins les conséquences seront importantes.

Les pharmaciens savent qu’il ne faut pas interrompre un traitement par VPA brutalement en cas d’épilepsie et même sans le formulaire ils délivreront encore pour quelques mois le VPA.

Pour les essais de traitement avant d’avoir recours au VPA soyons raisonnables, Lamotrigine, levetiracetal, éventuellement en association ; l’oxcarbazépine sont ceux qui paraissent sans conséquence et à essayer en priorité… Au-delà si le VPA a de bonnes chances d’équilibrer l’épilepsie ne prenons pas de risque inconsidéré pour la femme, … en se souvenant que les effets néfastes sont dose dépendants, et que le temps d’une grossesse si c’est le choix, elle risque de refaire des crises, doit arrêter de conduire…C’est une décision individuelle à discuter avec tous les éléments.

Je n’ai pas de solution actuellement  si vous ne pouvez pas faire signer la patiente ni son représentant légal, mais on m’en a promis une...

Dr Arnaud BIRABEN
Président de la LFCE
 

modifié le 27/01/2016 | Lu 286 fois modifié le 28/01/2016


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